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  Dernière mise à jour : 9 décembre 2011

La route de Thionville
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 De Maison-Neuve à Maison-Rouge 


Au rond point des Belles Fontaines, sur le côté droit de la rue qui conduit à Woippy, s'installent en 1922 les Etablissements QUERVEL Frères. C'est un dépôt d'huiles et de graisses industrielles, appelé communément « La Kervoline ».

La Société QUERVEL Frères avait été créée le ler juillet 1910 par les frères QUERVEL : Clément-Baptiste, Pierre-Auguste, Charles-Edme et Paul-Alfred. Cette société, constituée pour une durée de quinze ans, avait son siège à Aubervilliers, rue du Port.
Charles-Edme avait fait cession de ses droits l'année suivante aux deux premiers frères cités. Paul-Alfred l'imita en janvier 1925, date à laquelle la Société prit le nom d'Établissements QUERVEL Frères.
Ces établissements avaient des succursales à Paris, Lyon, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Woippy, ainsi qu'en Afrique du Nord : Alger et Tunis.
L'établissement industriel de Woippy s'étendait sur une superficie de 94 ares environ comprise entre la gare et la route de Thionville et comprenait divers bâtiments à usage de logements de directeurs et gardiens, des bureaux, des magasins, des salles de fabrication et d'autres bâtiments annexes.
Voir quelques documents : - clic -

Si l'on continue cette rue, elle conduit au village de Woippy en empruntant le passage supérieur des voies de chemin de fer.
On remarque sur le plan ci-contre, qu'avant le pont, existait et existe encore aujourd'hui un accès routier permettant l'accès au quai militaire (d'une longueur d'environ 500 mètres). L'accès à ce quai était aussi possible en passant sous le pont après avoir emprunté le chemin longeant le remblai côté droit.

Près de ce quai militaire, au lieu-dit Les Trente-Fauchées, la Compagnie Industrielle des Pétroles, 54, rue de Londres à Paris, est autorisée en octobre 1924, à installer un dépôt mixte d'essence et de pétrole, avec raccordement sur la voie ferrée du CRE. Ce dépôt devait se situer à environ 380 mètres de l'accès au quai depuis le remblai, mais d'après les documents existants, ce poste n'a pas été installé à cet endroit. Dans l'Annuaire régional des téléphones de 1938 (extraits ci-dessous), on note page 636 : Compagnie Industrielle des pétroles, dépôt : Chemin Saint-Eloi. (Reste à savoir où ?)
Plus de détails :- clic -

Dans cette même période, une deuxième autorisation est accordée en septembre 1925, aux Etablissements Kahil, dont le siège social est à Paris, 17, boulevard de Courcelles, pour établir un entrepôt destiné à la réception, à l'emmagasinement et la réexpédition de 100.000 litres de liquides inflammables de la 1ère catégorie, aussi au lieu-dit Les Trente-Fauchées, avec raccordement sur la voie ferrée du CRE. Ce nouveau dépôt se situait à 100 mètres de la clôture du CRE.
Ce dépôt, repris quelques années plus tard par la Société Commerciale des Carburants de Paris, passe aux mains de la Société Champenoise des Carburants de Reims en novembre 1932 qui, en 1935 fait une demande pour en augmenter la capacité.
Plus de détails :- clic -

Annuaire régional des téléphones
- 1938 -




Ces deux établissements existaient encore à la veille de de la Seconde Guerre Mondiale.

En juin 1935, une troisième société, « L'Economique S.A., distribution de Pétrole et d'Essence », avenue des Champs Elysées, à Paris, obtient l'autorisation d'implanter un dépôt d'hydrocarbures de 1.400 m3 sur le côté droit de l'actuelle rue de Maison-Neuve (plan ci-dessous, zone hachurée rouge), après les bâtiments de la Kervoline. Mais pour une raison qui nous est inconnue, les travaux ne sont pas entrepris. A noter qu'à cette date, un projet d'absorption des Etablissements Quervel Frères est à l'étude.
Quatre ans plus tard, cette même société devenue « La Standard Française des Pétroles » redemande une nouvelle autorisation (l'arrêté préfectoral de 1935 n'était valable que deux ans). Après les démarches et documents nécessaires, une nouvelle autorisation est accordée à la date du 24 août 1939 (pour un dépôt de 375 m3 « nécessité par les besoins de la défense nationale »).
Ce dépôt est constitué d'un réservoir de 195 m3 (5 m de diamètre et 10 m de hauteur), et de quatre autres de 45 m3 (2,96 m de diamètre et 6,6 m de hauteur) posés sur un blockhaus existant.


- 1935 -

- 1946 -

Une semaine plus tard, le 1er septembre 1939, c'est la déclaration de guerre avec l'Allemagne.
En novembre 1939, la dissolution des Etablissements Quervel Frères et sa fusion avec la Standard Française des Pétroles sont réalisées (Publication dans le journal Le Lorrain du 11 janvier 1940 : - clic -). A cette date, la France est toujours en guerre avec l'Allemagne, et tout porte à croire que le projet d'installation du dépôt est suspendu. D'ailleurs, sur les photos aériennes prises après les bombardements de l'usine Hobus-Werke de 1944, il n'y a aucune trace d'installation ou d'existence de ce dépôt.
Il ne sera installé qu'en 1949-1950. Son inauguration est relatée dans le Républicain Lorrain du 26 janvier 1950 : - clic -.
Sur la vue aérienne ci-dessous datant de 1970, on aperçoit des réservoirs, mais non disposés comme indiqué sur le plan de 1939. Tout a disparu à la fin des années 1970. Aujourd'hui, c'est la zone industrielle de Maison-Neuve.


(Extrait de la carte postale WOIPPY - ST-ELoi, Vue générale aérienne)
« La Kermesse », 7, rue des Parmentiers, Metz. Excl. Le Mini-Drug, 42 rue F. Sechehaye, Woippy - St-Eloi

En continuant l'avenue de Thionville, sur la gauche, au début des années 2000, s'est ouvert un marchand de légumes qui par la suite fit aussi boucherie.
Aujourd'hui, ce n'est plus qu'un souvenir...

Ensuite, le nouveau quartier du Ruisseau aménagé sur les anciens terrains de l'entreprise ROLANFER.
Cette entreprise s'était installée à Woippy vers 1954-55 (n° 72 de la route de Thionville), elle était spécialisée dans le matériel ferroviaire et le recyclage de ferrailles.

Aperçu des travaux depuis le début.





Diaporama des vues ci-dessus : - clic -

Un rond-point a été créé pour accéder au nouveau quartier du Ruisseau. Appelé rond-point du Ruisseau, il a été inauguré en mai 2011.
Passé ce rond-point, à une centaine de mètres, à gauche, dans les années 1950, une petite route menait au moulin Rausch. Ce moulin a été inauguré le lundi 9 novembre 1953. Le directeur de cet établissement était M. Jean-Marie Rausch (1953 à 1976), qui sera aussi maire de Metz de 1971 à 2008. Voir l'article du RL relatant l'inauguration du 9 novembre 1953 : - clic -




A cet endroit, par la suite, de nouveaux bâtiments ont été construits. Par exemple, le centre local du courrier, 74 route de Thionville, inauguré le 16 octobre 1997 mais déjà en service depuis le mois de janvier.


Cliquer sur la photo : inauguration du novembre 1997.

Ensuite, ce ne sont plus que des concessionnaires automobiles.
C'est l'occasion d'inclure ci-dessous un article du Républicain Lorrain du Dimanche 21 février 1999 qui reprend tout ce qui vient d'être vu depuis le carrefour Peugeot et qui termine avec cette portion de route.
La route de Thionville, ainsi dénommée en 1933, a une longue histoire, liée depuis le milieu du XIXe siècle au développement économique de Woippy. Jusque-là, il s'agit d'une route, appelée Grand Chemin de Metz à Thionville. A cette époque, et déjà au XVIIe siècle, les voyageurs l'empruntant pouvaient faire halte dans l'une des deux auberges adjacentes : la Maison Neuve et la Maison Rouge (dont on peut lire l'étonnante histoire dans le dernier numéro des Chroniques du Graoully).
Noyau de l'industrie
Ces auberges, un moment devenues brasseries, vont constituer dans la seconde moitié du XIXe siècle, à partir notamment de l'ouverture de la voie ferrée Metz-Thionville en 1854, le double noyau de l'industrie woippycienne.
La Maison Rouge et ses abords, à l'extrémité de la rue Henry de Ladonchamps, abritent à la fin du siècle une fabrique de couleurs et vernis, une conserverie et une raffinerie d'essence, et pendant quelques années la première gare (simple station) de Woippy. La Maison Neuve, où en 1842 est créé un atelier de galvanisation du fer, voit s'installer en 1876 une fabrique d'allumettes et de cigares.
Entre 1919 et 1939, la route de Thionville étoffe ses activités, avec la maison Quervel qui, située à proximité de la gare, traite essences, huiles et graisses industrielles, et surtout l'établissement horticole et floral Au Cyclamen d'Ernest Kempnich, plus connu sous le nom du Père Tranquille.
Axe de premier plan
Mais c'est l'occupation allemande qui donne à la route de Thionville une vocation industrielle de grande ampleur, avec la construction en 1941 de l'entreprise Hobus Werke, le long de la Diedenhofener Landstrasse, spécialisée dans la boulonnerie de précision pour moteurs d'avions et travaillant pour la Luftwaffe. La main d'œuvre, féminine à 80 %, comprend de nombreux prisonniers, dont ceux du sinistre camp de Woippy, situé à proximité. L'usine est bombardée à deux reprises par les alliés, le 27 mai et le 18 août 1944.
Au lendemain de la guerre, un certain nombre d'entreprises s'installent le long de la route de Thionville, et en font rapidement un axe de développement économique de premier plan, comme Scholtès, Delattre-Levivier, Davum (ces trois entreprises employaient vers 1960 un total de près de 1500 personnes !), Pierre Dumas, Keil, la minoterie Rausch... Ces entreprises ont aujourd'hui disparu ou sont parties en d'autres lieux, mais ont impulsé une solide vocation industrielle puis tertiaire.
L'automobile reine
Pour qui la traverse entre la limite avec Metz et le rond-point du Barreau de La Maxe, la route de Thionville est véritablement un boulevard de l'automobile, avec onze concessionnaires, cinq garages, sept entreprises de mécanique auto et d'accessoires. Mais d'autres entreprises la jalonnent, qui font davantage de la route de Thionville, entre le parc industriel des Varimonts et celui de Berlange, une zone industrielle linéaire qu'une simple rue, alors qu'elle n'était il y a un siècle et demi qu'une voie rectiligne et monotone traversant les prés à l'est de Woippy.
Nous voici maintenant à la Maison Rouge.


La Maison-Rouge dans les années 1970.
(Extrait de la carte postale "La Cité vue d'avion". Collection Charette Charles, tabac, Place de France)
Combier Imprimeur, Macon, 71 (S.-&-L.) "CIM".

C'est en 1696-1697 qu'une première maison a été construite à cet endroit, lieu-dit en la croizette.
Question : D'où vient le vocable « Maison-Rouge » ? Aucune réponse à ce jour...
Aujourd'hui, il ne reste presque plus rien des bâtiments que l'on aperçoit sur cette vue aérienne. En 1962 les Etablissements BERGER s'étaient installés dans les locaux de l'ancienne fabrique de conserves VOGEL pour y monter l'usine la plus moderne d'Europe en matière de vins mousseux.
Le bâtiment de gauche (blanc) était dans les années 1960 un marchand de meubles "MEUBLES EUROPEENS". Par la suite un magasin d'antiquités s'y est installé. En 1999, ce bâtiment a été démoli pour céder la place aux automobiles.


Bulletin officiel municipal N° 2 - Woippy - 1969.  (Pour voir la démolition : cliquer sur l'image)

Pour l'historique de la Maison rouge : - clic -
Pour voir une présentation de la Maison Rouge existant dans le site : page menu, tableau « Ville de Woippy », cliquer sur « La Maison-Rouge ».
Voir aussi les Chroniques du Graoully n° 8 - 1998, pages 6-17, publication annuelle de la Société d'Histoire de Woippy.


Passé cet endroit, en 1900, on pouvait rejoindre le village de Woippy en passant par le passage à niveau (et à cette occasion se désaltérer au café de la Gare, tenu par Pierre Flérès - voir page menu : « Rue de Ladonchamps »). Sur le côté droit du chemin, avant la voie ferrée, il y avait une construction militaire, un abri-batterie. Tout a été rasé en août 2001.



Journal Le Lorrain, 11 juin 1910 : Le nouveau passage au-dessus du chemin de fer, au point kilométrique 165, 436 sur la ligne de Metz à Thionville - près de Woippy - étant terminé, ainsi que les rampes y appartenant, cette partie transférée de la route d'arrondissement n° 8 à la route d'Etat n° 17 est livrée à la circulation publique et le vieux passage à niveau près de l'ancienne gare de Woippy a été barré à partir du 10 du mois courant.


En septembre 1991, le versant Est de ce passage supérieur a été modifié pour être raccordé au nouveau giratoire sur lequel aboutit le barreau de La Maxe (ouvert à la circulation le 4 mars 1992 *). Voir l'historique des travaux : - clic -
(* Date relevée dans « La Lettre du Maire », Ville de Woippy, Mars 1992)


Sur le côté gauche, on aperçoit l'ancienne rampe d'accès au pont transformée en chemin piétons.


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