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  Dernière mise à jour : 9 mars 2010

Woippy et la Révolution française
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La Révolution française est une période de l’histoire de France qui commence en 1789 avec la convocation des Etats généraux et la prise de la Bastille et s'achève lors du coup d’Etat du 18 brumaire (9-10 novembre 1799) de Napoléon Bonaparte.
Il n’est pas question ici de faire l’historique ou l'éphéméride de cette décennie, mais simplement de présenter la plupart des documents existants (ou ayant existé) pour le petit village qu’était Woippy à cette époque.

Thèmes présentés au choix :

| Les cahiers de doléances (ci-dessous) | Lettre des échevins et fabriciens de Woippy en mai 1789 |
| Vols commis dans l'église (9 juin 1790) | La Constitution civile du clergé - Le serment | La composition des paroisses |
| Binaisons | Le calendrier républicain et le jour du décadi | La vente des biens du clergé - L'assignat |



Les cahiers de doléances

En ce début d’année 1789, les Etats généraux qui ne s’étaient plus réunis depuis 1614, sont convoqués par le roi Louis XVI pour le 5 mai. A cette occasion, les trois ordres, Noblesse, Clergé et Tiers-Etat (bourgeois, paysans et manouvriers) sont chargés de rédiger leurs cahiers de vœux et de doléances et de nommer leurs représentants à l'assemblée primaire du bailliage, où là, seront élus les députés qui se rendront aux Etats-généraux.

Woippy doit donc rédiger son cahier de doléances et nommer ses représentants (ou députés) chargés de porter ledit cahier à l’assemblée primaire prévue à Metz le 12 mai.
Un modèle de rédaction du procès-verbal de réunion nominative des députés est fourni aux communautés :



Certaines communautés utilisent directement le modèle en remplissant les vides prévus. D’autres, comme Woippy, le recopient en totalité (peut-être aussi par manque de place ?)
Aujourd’hui neuf février 1789, en l’assemblée convoquée au son de la cloche en la manière accoutumée, sont comparus en la place communale de ce lieu par devant nous Hubert Maurice, syndic de l’assemblée municipale ; les dénommés cy-après,
Joseph Paulin, François Lapied, Brice Thiebaut, Jean-François Boury, Grégoire Thiriet, Dieudonné Sigronde, Jean Lamiable, Antoine Boucheré, Nicolas Peren, Jean Remy, Pierre Genot, Nicolas Boucheré, Louis Paulin, Antoine Remiatte, Louis Busy, Jean-Baptiste Bernard, Jean Maréchal, Dominique Berrard, Joseph Remiatte, Sébastien Lemoine, Joseph Vion, Dominique Gusse, Charles Bedon, François Mangenot, Pierre Vaugein, Jean Antoine, Noël Paulin, François Virion, Jean Lorain, Pierre Boucheré, Charles Lahaire, Isaie Remiatte, Didier Maguin, François Boucheré, Jean-Baptiste Charaux, François Boucheré, François Lamiable, Michel Delatte, Dominique Gusse, Louis Mangenot, François Charaux, Jacques Mangenot, Antoine Hennequin, Louis Perot, Jean Mangenot, Thomas Augustin, Jean Brion, Antoine Hennequin, Nicolas Bassompierre, Jean-Baptiste Lefort, André Dremeré, Jean-Baptiste Naud, Dominique Lacour, Louis Brullé, Jean Brullés, Jean Boucheré, Girard Dremeré, François Remiatte, Guillaume Combe, Antoine Naud, Louis Nicolas, Louis Hannesse, Claude Collignon, Christophe Zenzenne, François Zenzenne, Jean Lacour, Jean Marichal, Dominique Mangenot, Pierre Mangenot, François Remy, François Mangenot dit Lorrange, George Poulmaire, Pierre Bailly, Jean Boury, Charles Demange, Pierre Genot, Joseph Bourson, Dominique Virion,      Non comparans : Dominique Barrière, Nicolas Vaugein, Nicolas Lapied, Jean-Baptiste Sommy, Nicolas Mangenot, Sébastien Thiriot, Nicoals Lapointe, Charles Lambert, André Lefort, Jean Virion, Dominique Gusse, Jean Vignon, Michel Holard, tous nés français âgés de vingt-cinq ans, compris dans les roles des impositions, habitans de la commune de Woippy, composée de cent-vingt-un feux... …
… la pluralité des suffrages s’est réunie en faveur des sieurs Georges Poulmaire et Pierre Bailly, qui ont accepté ladite commission et promis de s’en acquitter fidèlement.
Ladite nomination des députés ainsi faite, lesdits habitans ont en notre présence remis aux dits sieurs Poulmaire et Bailly, leurs députés, le cahier afin de le porter à l’assemblée qui se tiendra le douze mars devant …
 
 
 
 
 
J. Pouliner, adjoint ; François Lapied ; Brice Thiebaut
Dominique Gournay
Grégoire Thiriet ; P. Genot
Jean-François Boury
Dieudouné Sigronde ; Antoine Thiriet
Jean Lamiable
Antoine Boucheré ; Nicolas Peren
Jean Remy ; Nicolas Boucheré, collecteur
Antoine Remiatte
Louis Paulin
Louis Busy ; Jean-Baptiste Bernard, adjoint
Dominique Berrard
Jean Maréchal ; Joseph Remiatte
Sebastien Lemoine ; Dominique Gusse
Joseph Vion ; Charles Bedon
François Mangnot ; Pierre Vogeain
Jean Antoine ; Noël Polin ; Charle Lahaire
François Virion ; Jean Laurain
Isai Remiette ; Didier Maguin ; Pierre Boucheré
François Boucheré
François Boucheré ; Jean-Baptiste Charaux
François Lamiable
Michel Delatte ; Dominique Guse
Louis Mangenot ; François Charaux
Jacque Mangenot ; Antoine Hennequin
Jean Boury ; Louis Perot ; Jean Mangenot ; Jean Brion
Thomas Augustin ; Antoine Hennequin
Jean-Baptiste Lefort ; Nicolas Bassompier
André Drémeré ; Joseph Bourson
Dominique Virion ; George Poulmaire, député
Dominique Barriere, collecteur ; Pierre Bailly, député
H. Maurice, syndic ; Etienne Colson, greffier

D'après le procès-verbal ci-dessus, les deux députés Georges Poulmaire et Pierre Bailly ont reçu le cahier de doléances dont voici la copie (orthographe mise à jour) :





  Aujourd'hui 9 mars 1789, les syndic membres et les habitants de la communauté de Woippy, étant assemblés et convoqués au son de la cloche en la manière accoutumée en la place communale de ce lieu, pour obéir aux lettres du Roi et à l'ordonnance de Monsieur le Lieutenant général au bailliage et siège présidial de Metz en date des sept et vingt-six février derniers pour faire plaintes, doléances et remontrances, savoir :
Comment de pauvres habitants de campagne, tant laboureurs-fermiers, que vignerons à gages et manœuvres-journaliers, épuisés de misère et de payements tant pour les deniers royaux que pour les travaux des routes, pourraient-ils de plus aider à l'Etat ?
Art. 1. Un laboureur-fermier ne peut qu'avec grande peine payer le canon qu'il doit à son propriétaire, les récoltes qu'il fait ne sont que très modiques, de grosses sommes qu'il paye tant pour les deniers royaux que pour les travaux des routes, l'excès de son propriétaire qui augmente chaque trois, six ou neuf années la ferme qu'il cultive, des chevaux, les outils qui lui sont si nécessaires, lesquels sont d'un prix exorbitant, les fléaux qu'il attend journellement, soit de grêle, inondation d'eau, maladie de chevaux et mortalité d'iceux, que peut-il de plus aider à l'État ?
Art. 2. Un vigneron à gages traite avec son maître pour travailler et façonner une métairie de vignes et doit fournir échalas, paille, payer deniers royaux et travaux des routes, et pour ce percevra de son dit maître une somme de 150 ou 200 livres. Etant chargé de famille, comment pourra-t-il vivre lui et sa famille avec une somme si modique ? L'on répondra qu'ordinairement les vignerons tirent les deux tiers des vins que la métairie de vignes qu'il cultive peut produire, mais combien voit-on d'années que les récoltes sont bien modiques, les maîtres tirent les vins en total et payent à leurs vignerons les deux tiers, mais à quel taux, les vins taxés à si bas prix, que le pauvre vigneron reste toujours débiteur envers son maître, et s'il vient à faire une récolte abondante, le prix des vins sera fait et taxé par ces Messieurs, trop intéressés dans l'affaire, et le feront si bas que le pauvre vigneron en sera toujours dupé. En outre, Messieurs les magistrats lui font une injustice de lui prendre les marcs de raisins, un laboureur n'a-t-il pas ses pailles, après qu'il en a fait sortir les grains. L'on dira que ces marcs sont par leur prix pour l'entretien de bien des choses dans la ville, mais n'y a-t-il pas d'autres revenus et des personnes tant nobles qu'autres assez riches pour assister aux affaires communes d'une ville. Comment pourrait-il plus aider à l'État ?
Art. 3. Un pauvre manœuvre journalier, lequel peut gagner 8 ou 10 sols par jour, encore faut-il que les temps soient propres, pour qu'il puisse être mis en œuvre, chargé de famille et de payer des sommes de deniers royaux et de travaux des routes, comment pourrait-il plus aider à l'État ?
Art. 4. Ce qui pourrait aider à l'État, ce serait le clergé, savoir ces religieux qui possèdent tant de biens. Il faudrait pensionner ces Messieurs d'une pension modique, et leurs biens serviraient à l'État, ainsi que l'extraordinaire des abbayes, tant religieux que religieuses, quand ils ont fait vœux et profession, n'ont-ils pas renoncé aux biens terrestres, dont ils jouissent de si grands à présent ?
Art. 5. Ce qui pourrait aider à l'État, ce seraient ces seigneurs nobles et autres, qui devraient payer à proportion de ces pauvres malheureux fermiers, vignerons et manœuvres, ces derniers que l'on épuise si bien et si fortement en leur faisant payer des sommes pour les travaux des routes, lesquelles routes sont journellement abîmées par des charretiers étrangers qui chargent leurs voitures à l'impossible, ainsi que ces seigneurs y roulant en voiture, regardant et considérant leurs pigeons mangeant les grains que ces pauvres laboureurs, fermiers et autres ont semés dans les champs, dans les temps des semailles et moissons. Il a paru quelquefois des ordonnances, lesquelles disaient le nombre que ceux qui avaient droit de colombier devaient garder de pigeons et combien de temps ils devaient les garder et nourrir dans leurs colombiers.
Art. 6. Il serait bon et avantageux que les commerces soient libres tant pour les sels que pour les tabacs. Les sels sont des aliments qui sont fort coûteux au pauvre peuple, ce qui est cause que les bois sont très rares, et l'on le passe aux étrangers à un prix modique. Messieurs les nobles n'en connaissent pas le poids, parce que l'on leur donne et n'en payent rien. On en augmente le prix tous les ans, ainsi que l'entrée de toutes sortes de choses dans la ville de Metz.
Art. 7. Ce qui pourrait aider à l'État, ce seraient ces nobles chapitres, ainsi que des autres ecclésiastiques qui possèdent des biens immenses et les plus beaux biens tant en terres, rivières et forêts, des dîmes en abondance. Ce seraient ces Messieurs qui devraient aider à l'État en payant des sommes à proportion de ces pauvres dont il est parlé dans les articles 1, 2 et 3.
Ces Messieurs ont obtenu un arrêt qui les décharge de la construction, entretien et décoration des églises, pour lesquelles la dîme a été donnée du temps de la primitive église. Cet arrêt est la cause de l'épuisement des pauvres communautés, tel est le sort de celle de Woippy, laquelle ne possède aucun bien ni revenu, laquelle a son église fort éloignée du dit lieu, des chemins si mauvais que la plupart des paroissiens ne peuvent assister au service divin, surtout les anciens vieillards et jeunes enfants, lesquels ont grand besoin d'entendre lire la parole de Dieu, et tant d'autres instructions chrétiennes. Cet arrêt est la cause de la ruine des pauvres habitants pour raison que leur clocher était tout à fait défectueux, et l'ont fait reconstruire, dont il leur a coûté douze à treize cents livres, est-ce là le moyen d'écraser les pauvres paroissiens. Si cet arrêt n'avait pas été obtenu, l'église n'est pas assez vaste pour contenir tous les paroissiens, on aurait pu la faire reconstruire dans le centre du village pour la facilité d'un chacun, mais la chose est impossible par rapport à la trop grande pauvreté des habitants, lesquels ne possèdent qu'un seul pâquis pour reposer leurs troupeaux, et le noble chapitre de la cathédrale de Metz, leurs seigneurs et décimateurs, en général, veulent leur ravir.
Art. 8. Si l'État a besoin d'argent, que ne fait-on rendre exactement compte à Messieurs les receveurs de deniers royaux, lesquels en font leur profit l'espace d'un an avant d'en rendre compte.
Art. 9. Si l'État a besoin d'argent, que fait-on des sommes que les communautés donnent pour les travaux des routes. L'on a renvoyé les cantonniers, ce qui peut faire épargne d'une somme de 50 000 livres, l'on a renvoyé plusieurs autres sujets, ce qui devrait amplifier l'épargne. En outre, les routes ont été laissées par adjudication en nombre de portions et tâches à un prix plus modique que la première année, l'on demande à quelle époque va cet argent, voyant que les communautés payent toujours les mêmes sommes, ce qui occasionnera beaucoup de communautés à faire refus de payer les travaux, si on ne leur donne parfaite connaissance de ces épargnes susdites, et pourquoi tant de petites routes. C'est pour faire plaisir à un seigneur ou à abbé, religieux, le tout payable par les pauvres villageois. Les communautés payent en outre une extraordinaire part pour les ponts et chaussées.
Art. 10. La dite communauté de Woippy est si pauvre, et doit comme il est dit dans l'article 7e, en outre, pour la fonte de leurs cloches qui étaient cassées, une autre somme de 1000 livres, qu'elle doit en outre, ce qui forme une somme de 2300 livres qu'elle doit pour le présent. La maison curiale qui croule de toute part, laquelle est à reconstruire, comment feront ces pauvres habitants. Le sieur curé qui ne perçoit que modiquement du chapitre noble de la cathédrale comme pension, puisque ledit chapitre, dit par ses titres et ne le nomme que chapelain ou vicaire, il ne peut par sa pension faire reconstruire ladite maison de cure, laquelle est restée à la charge des pauvres habitants.
Fait dans ladite assemblée et en place commune lesdits jour et an, et avons signé après lecture faite.
Charles Demange et Dominique Virion n'ont pas signé, parce qu'ils sont attenus aux seigneurs et chapitre de la cathédrale.
J. Pouliner, adjoint ; François Lapied ; Dominique Gournay ; Brice Thiebaut ; Jean-François Boury ; Dieudouné Sigronde ; Grégoire Thiriet ; Denis Mangenot ; Antoine Thiriet ; Jean Lamiable ; Antoine Boucheré ; Nicolas Peren ; Jean Remy ; Nicolas Boucheré, collecteur ; Louis Paulin ; Antoine Remiatte ; Jean-Baptiste Bernard, adjoint ; Louis Busy ; Jean Maréchal ; Dominique Berrard ; Joseph Remiatte ; Sebastien Lemoine ; Charles Bedon ; Dominique Gosse ; Joseph Vion ; Pierre Vogeain ; François Mangnot ; Noël Polin ; Jean Antoine ; Charle Lahaire ; François Virion ; Jean Laurain ; Pierre Boucheré ; Isai Remiette ; Didier Maguin ; François Boucheré ; François Boucheré ; Jean-Baptiste Charaux ; François Lamiable ; Michel Delatte ; Dominique Guse ; Louis Mangenot ; François Charaux ; Jacque Mangenot ; Antoine Hennequin ; Louis Penot ; Jean Mangenot ; Thomas Augustin ; Jean Brion ; Antoine Hennequin ; Jean-Baptiste Lefort ; Nicolas Bassompier ; André Drémeré ; Joseph Bourson ; Dominique Barriere, collecteur ; George Poulmaire, député ; Pierre Bailly, député ; Jean Boury ; H. Maurice, syndic ; Etienne Colson, greffier.



Que deviennent les cahiers de doléances des communautés ?
Tous ces cahiers (primaires) sont refondus lors des assemblées de bailliage en un cahier définitif qui servira de base de travail aux Etats généraux à Versailles.
D'autre part, les députés nommés par les communautés élisent les députés qui siègeront aux Etats généraux. La circonscription électorale de Metz enverra neuf députés aux Etats généraux. Huit élus aux assemblées de bailliage et un député particulier (Pierre-Louis Rœderer) pour la raison que Metz était une ancienne ville impériale.



Pendant qu'à Versailles avaient lieu les séances des Etats généraux, à Woippy les échevins et fabriciens de la paroisse répondaient à une requête formulée le 16 mai par Messieurs de la Commission intermédiaire de la province des trois Evêchés.
Voici la copie (Archives Famille Sechehaye) :


Vu la réponse des échevins et fabriciens de la paroisse de Woippy communiquée aux syndic et membres de l’assemblée municipale dudit lieu pour y répondre dans trois jours.
A Metz, le 22 may 1789.
A Messieurs de la Commission intermédiaire de la province des trois Evêchés et du Clermontois
Supplient humblement les échevins et fabriciens de la paroisse de Woippy, disant que pour répondre sur la requête qui leur a été communiquée le seize du mois de mai de la présente année, en vertu de la délibération de Messieurs de la Commission intermédiaire de la province des trois Evêchés, ils observent
1° que la fabrique de la paroisse de Woippy ne possède ni d’or, ni fond, ni fixe, ni propriété excepté une vigne affectée pour l’huile de la lampe de l’église dudit lieu, et dont le revenu qui n’est que de dix huit livres par chacun an, sert à entretenir la lampe allumée seulement pendant les offices divins des dimanches et fêtes de l’année.
2° que de tous temps les habitants de la communauté ont été tellement persuadés et convaincus de l’insuffisante et pauvreté de la fabrique de leur paroisse qu’ils n’ont jamais allégués ni de défaut de propriétés de la communauté, ni des procès qu’ils ont eu à soutenir, pour se dispenser de fournir de leur propre frais les registres de paroisse, la cire, l'encens, les directoires, le pain et le vin nécessaires au St sacrifice, les dispenses relatives au synode, et aux Stes huiles.
3° qu’une seule fois depuis près de trente ans, un maire de ladite communauté de Woippy, de son chef, et sans l’aveu des habitants, ayant voulu s’emparer de l’argent de la fabrique, pour raison de dettes, et de procès, il avait présenté sa requête à Monsieur de Saintignion qui pour lors était officier et vicaire général de ce diocèse, il a été débouté de sa demande et déchu de ses prétentions.
4° que la fabrique de Woippy doit actuellement cinq cent quatre-vingt-deux livres six sols trois deniers pour l’achat d’ornements et de linges nécessaires à l’église paroissiale dudit lieu.
5° que quoi qu’il y ait beaucoup de pauvres à Woippy, il y aussi un nombre assez considérable d’habitants riches et aisés, notamment les officiers municipaux qui par le moyen d’un rôle d’imposition proportionnée à la fortune de chaque particulier, obtiennent, comme cela s’est toujours pratiqué en ce lieu, des ressources que ne peut obtenir une fabrique par le moyen de ses quêtes, quand même on supposerait ce qui n’est pas, que chaque paroissien donnerait un livre chaque jour de dimanche et fête.
6° que les paroissiens, loin de se plaindre, ont parus, et paraissent contents que le produit des quêtes soit employé à procurer à leur église les ornements et linges qui lui sont nécessaires, ainsi que le blanchissage desdits linges.
7° que dans ce moment on vient de faire à la maison de cure des réparations urgentes et considérables, et qui par ménagement pour la communauté ne lui coûteront pas un sol.
8° qu’en considération de la pauvreté de la fabrique, Monsieur le curé le curé de notre paroisse ne tire depuis vingt ans aucun honoraire des messes qu’il chante chaque année à la décharge de ladite fabrique, quoi que le bénéfice de la cure de Woippy ne soit qu’une portion congrue.
Ce considéré, Messieurs, il vous plaise accueillir les observations des échevins et fabriciens de l’église paroissiale de Woippy, anéantir la demande et les prétentions des officiers municipaux dudit lieu, et leur ordonner de continuer à suivre l’ancien usage établi dans la communauté pour le paiement de la cire, des registres de paroisse, de l’huile, des directoires, du pain et du vin nécessaires au Saint office, des dépenses relatives au synode annuel, et aux saintes huiles, etc.
Les suppliants, Echevins et Fabriciens de la paroisse de Woippy attendront avec confiance, les délibérations et les décrets, qui émaneront de vos lumières, de votre sagesse et de votre justice.

Jean François Boury, échevin en exercice
Sébastien Lemoine, échevin
Grégoire Thiriet, échevin
Pierre Boucheré, échevin
Husson, curé de Woippy.

Les Echevins et fabriciens de la paroisse de Woippy soussignés ayant pris connaissance des quêtes qui se sont faites dans l’église dudit lieu depuis 1761 jusqu'au temps présent, ont été convaincus ; après avoir examiné la reddition des comptes faite chaque année, que le produit des quêtes était très variable et que quoi qu’en 1788, elle se soit portée à cent vingt-huit livres, il sont remarqué en même temps qu’en 1761, le total de la quête était quarante livres dix sols trois deniers… En 1767, quarante-cinq livres neuf sols trois deniers… En 1773, soixante livres treize sols… En 1779, soixante-sept livres… En 1782, quatre-vingt-trois livres quatorze sols neuf deniers… Il résulte donc de cette combinaison qu’on ne peut fixer un revenu certain de ladite fabrique.
On pourrait peut être objecter que le produit des quêtes étant variable comme on vient de la prouver par les comptes même de la fabrique, les quarante livres provenant de la dîme du pré Gény suppléent au défaut de la quête, mai sil est aisé de répondre que la vérité est que ce n’est qu’une aumône, qu’une pure libéralité de l’échevin en exercice, et que cette somme ne sera plus exigible lorsque les échevins ne voudront plus s’engager ou l’abandonner à la fabrique, la dîme de ce pré appartient à l’échevin en exercice.
Les dix sept livres dis sols provenant de la vigne de la lampe devraient être employés à entretenir une lampe perpétuellement ardente dans l’église de Woippy, amis cette somme ne suffisant pas à raison de la cherté de l’huile, on se contente de l’allumer pendant le service divin les dimanches et fêtes de l’année.
Les ornements et linges qui étaient bons et décents il y a quelques années vieillissent et deviennent indécents par l’usage, et successivement il faut les remplacer. C’est à quoi le produit de la quête n’a pu suffire puisque la fabrique est endettée d’une somme de cinq cents quatre vingt deux livres six sols trois deniers.
Les Echevins et Fabriciens observent que la fabrique de Woippy n’a aucun titre de fondation quelconque, que cependant, elle tire chaque année trente sept sols dix deniers d’une sorte, trente sols d’une autre et vingt-six sols… ce qui forme un total de quatre livres treize sols et demie. Sur quoi elle est chargée de payer les honoraires des messe hautes, ainsi que celles que la paroisse demande le lendemain de la fête patronale du lieu, le jour de St Vincent et le jour de St Urbain. On n’est entré dans ce grand détail que pour faire connaître plus clairement que la fabrique de Woippy est hors d’état de participer aux charges que les officiers municipaux désirent lui imposer contre le vœu du plus grand nombre des habitants.

Jean François Boury, échevin en exercice
Sébastien Lemoine, échevin
Grégoire Thiriet, échevin
Pierre Boucheré, échevin
Husson, curé de Woippy.

Au commencement de juin de la présente année 1789, la difficulté née entre les officiers municipaux et les échevins et fabriciens de Woippy a été jugée par Messieurs de la commission intermédiaire de la province des trois évêchés et du Clermontois, et lesdits officiers municipaux ont été déboutés de leurs demandes.

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