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Origine du nom de Woippy
et description de son blason

Le nom de Woippy apparaît pour la première fois dans la bulle du pape Calixte II datée du 5 avril 1123.
Cette bulle indique les biens que le Chapitre de la cathédrale de Metz possédait à Woippy en cette année 1123 : « ... l’église de Woippy avec toute sa cour et avec toutes les dépendances de cette cour, à savoir les manses, les terres cultivées et incultes, les prés, les pâtures, les bois, les forêts, les cens, les sources, les rivières et leurs cours et les dépendants, les champs, les vignes... ».
D’après l’écriture, Woippy peut indifféremment être transcrit Guapeio ou Guepeio.

Etymologie du mot Woippy
Dans son « Histoire du village de Woippy » (1878), René Paquet cite les interprétations proposées par des historiens de son temps, MM. Abel pour « via-pia » et Terquem pour l’origine latine « Guapeyum ».
Mais selon l’auteur, Woippy dérive tout simplement du vieux mot patois « ouépi », qui signifie guêpier ; les différentes formes par lesquelles a passé le nom de ce village ne sont que des transformations faciles à suivre de la forme primitive « ouépi ».
Soit :

Wapey
Waipey
Waippey
Wauppey, Wauppei
Voipy
Vapy
Wappy
Voippey
Waippy
Weppy
Wappy
1300 (Cité par de Bouteiller)
1343(Chapitre de la cathédrale)
1385 (id)
XVe siècle (Chronique de Jacomin Husson)
Acte de 1411 (Archives départementales)
Acte de 1455 (id)
Acte de 1458 (id)
Acte du 25 septembres 1418 (id)
Acte du 25 septembre 1460 (id)
Acte du 21 septembres 1460 (id)
1500 (Journal de Jehan Aubrion)
  Woipez
Waipy, Woipi
Woipy
Wapi, Wappy
Houeppy
Vuoypy
Vuoipi
Vuoepy
Woipy
Woippy
- - -
1513 (Mémoires de Philippe de Vigneulles)
1518 (id)
1544 (Pouillé du diocèse de Metz)
Mémoire du maréchal de Vieilleville
1617
XVIIe siècle (carte Tass)
XVIIe siècle (carte Beaul)
XVIIIe siècle (Archives de Woippy)
XIXe siècle, orthographe actuelle.

Toujours d'après René Paquet, à Woippy la prononciation n’a jamais varié ; on a toujours prononcé et on prononce encore « ouépi » et non Woippy, comme l’exigerait l’orthographe actuelle.
Cette dénomination de « ouépi » (guêpier) convient, au reste, parfaitement à cette localité où la configuration des lieux, la richesse de la flore sauvage et les arbres fruitiers ont de tout temps attiré une grande quantité de guêpes, de frelons et autres mouches du même genre.
En patois, guêpe se dit « ouépe », d’où provient « ouépi », locution peu employée actuellement.

Nota : Sans intention de rappeler de mauvais souvenirs aux anciens Woippyciens, mais Histoire oblige, lors de l’annexion de 1871-1918, par décret impérial du 2 septembre 1915, les noms de 241 communes de la Moselle furent germanisés, Woippy devint « Wappingen ».
Cette appellation reprit cours pendant de la Seconde Guerre mondiale.

Le blason de Woippy




Origine des armoiries

Les armoiries apparaissent en Occident au milieu du XIIe siècle et sont liées à l'évolution des combattants. Ceux-ci rendus méconnaissables sous leur équipement ou sous leur armure avaient pris l'habitude de faire peindre sur leur bouclier des figures animales, végétales ou géométriques servant à les identifier au cœur de la bataille.
De là, cette multitude de croix de toutes sortes, de marques et de couleurs, et d'animaux choisis pour leur grandeur, leur beauté et leur courage, qui atteignirent par la suite la perfection grâce aux tournois.
D'abord individuelles et réservées aux seuls chevaliers, les armoiries devinrent progressivement héréditaires.
A partir du XIIIe siècle, l'emploi des armoiries s'étendit à toutes les couches de la population : femmes, ecclésiastiques, bourgeois, artisans et paysans ; puis par la suite aux communautés civiles et religieuses et aux institutions.

O O O

Pour étudier les armoiries, un vocabulaire de base est nécessaire.

L'écu : c'est le bouclier des hommes d'armes au Moyen Age. Ce bouclier est de forme variable, sur lequel peuvent être peintes des figures ou des emblèmes appelées armoiries.

L'écu est une portion verticale de cylindre, taillée en sifflet inférieurement et, dont le contour supérieur est droit (ci-contre à gauche) ou cintré (ci-contre à droite).

A noter que les souverains ayant mis sur leurs monnaies leurs écus armoriés, le nom d'écu devint celui des pièces de monnaie.

Les armoiries : attention ! mot féminin pluriel. Ce sont les marques distinctives de familles, de collectivités ou d'individus, représentées sur l'écu selon des règles définies par l'héraldique.

L'héraldique : c'est la discipline ayant pour objet la connaissance et l'étude des armoiries, car toutes les armoiries sont soumises dans leur composition à des règles spéciales qui sont décrites suivant un ordre précis et des principes stricts qui sont ceux du blason.

Le blason : c'est un écu armorié.

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L'écu est classé en trois familles :

Première famille : l'écu sans partition.
C'est-à-dire sans division comme représenté ci-dessus.

Deuxième famille : les écus avec partition.
Les quatre premiers écus représentent les partitions principales obtenues par un seule ligne droite : parti, coupé, tranché, taillé.
Pour les autres partitions, représentées à titre documentaire, ne nous attardons pas...



A noter que les quatre partitions principales peuvent être rebattues pour donner naissance à des partitions plus petites :



Troisième famille : les écus avec pièce honorable (formes géométriques simples).


De tous les écus représentés, il y a encore quelques mots qu'il faut connaître,
ce sont les positions sur l'écu.


L'écu est considéré comme porté par un combattant pour se protéger, de ce fait,
quand l'on regarde l'écu de face, par exemple :

Sur l'écu parti,

la partie
gauche (1) la droite du combattant, sera à dextre,
et la partie
droite (2), la gauche du combattant, à senestre.

Sur l'écu coupé,

la
partie haute (1) sera en chef,
la
partie basse (2) en pointe.

Sur l'écu écartelé en sautoir,

les parties (2) et (3) seront les
flancs.


Les couleurs ont aussi leur propre nom, elles sont au nombre de sept :

Métaux Emaux
or argent gueules azur sinople sable pourpre
             
( jaune ) ( blanc ) ( rouge ) ( bleu ) ( vert ) ( noir ) ( violet )

Les parties du corps humain sont dites de carnation si elles sont représentées avec leurs couleurs naturelles.

Peut-on maintenant avec ces quelques bases, décrire notre premier blason ?

Par exemple, celui de la ville de Metz :

C'est un écu parti, couleur argent à gauche (dextre), couleur sable à droite (senestre).
C'est exact, mais cette définition est un peu longue... car pour décrire un blason parti, on commence obligatoirement par sa partie gauche (dextre), cela donne en vocabulaire héraldique : Parti d'argent et de sable.


Nous devrions maintenant être capables de décrire d'autres blasons.
Par exemple, ceux représentés ci-dessous sur la carte postale : celui de Lorraine et de Woippy.

Lorraine :

Couleur de l'écu : jaune = or.
Une bande rouge = bande de gueules.
Trois petits aigles blancs dessinés sur la bande : attention, en héraldique, quand un aigle est représenté sur un blason, cela devient une aigle.
Et souvent, ces petites aigles sont représentées sans bec ni pattes, elles sont alors appelées alérions.
Soit : trois alérions blancs = trois alérions d'argent.
La description du blason de Lorraine est donc :
Ecu d'or à la bande de gueules chargée de trois alérions d'argent.
Ou simplement :
D'or à la bande de gueules chargée de trois alérions d'argent.


Woippy : ( un peu plus compliqué !... )

C'est un écu parti.
A gauche : fond rouge. Une main droite de couleur chair. La manche est bleue. La main sort d'un nuage blanc. Cette main tient une épée verticale de couleur blanche dont la poignée est jaune. De chaque côté de la pointe de l'épée, deux cailloux de couleur jaune.
A droite : fond jaune. Un dragon (graoully) de couleur noire.

Nous allons traduire tout ceci en langage héraldique :
A gauche : Fond de couleur rouge. Une main droite de couleur chair avec la manche bleue sortant d'un nuage : de gueules (couleur rouge) au dextrochère (main droite tenant une épée ou un objet) de carnation (de couleur chair) vêtu d'azur (manche bleue), mouvant (sortant) d'un nuage d'argent (d'un nuage blanc).
Une épée verticale de couleur blanche dont la poignée est jaune et la pointe en haut : une épée haute (verticale avec pointe en haut) d'argent (blanche) garnie d'or (poignée jaune).
De chaque côté de la pointe de l'épée, deux cailloux jaunes : accostée (de chaque côté de l'épée) de deux cailloux d'or (de deux cailloux jaunes).
A droite : Fond de couleur jaune. Un dragon de couleur noire : d'or (couleur jaune), au dragon de sable (noir).

Soit : Parti, au premier (ou au 1) , de gueules au dextrochère de carnation vêtu d'azur, mouvant d'un nuage d'argent, tenant une épée haute d'argent garnie d'or, accostée de deux cailloux aussi d'or ; au deuxième (ou au 2) , d'or au dragon de sable.

Remarque :
A dextre, ce sont les armes du chapitre de la cathédrale, qui possédait la seigneurie de Woippy. On retrouve ces mêmes armes sur plusieurs blasons des villages du Pays messin.
A senestre, le dragon représente le graoully, que le maire de Woippy portait, avant la Révolution, à la procession de Metz.

Sources :
- Dom Ambroise Pelletier, Nobiliaire de la Lorraine et du Barrois, Tomes I et II, Editions du Palais Royal, Paris, 1974.
- Armorial des communes du département de la Moselle, Tome V, arrondissement de Metz-campagne, Albert Haefeli, 1959.

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